Il aura fallu attendre seize mois. Stefanos Tsitsipas, 85e joueur mondial et sorti des radars depuis l’hiver 2025, s’est qualifié samedi 18 juillet pour la finale de l’EFG Swiss Open de Gstaad, un ATP 250 sur terre battue disputé du 13 au 19 juillet dans l’Oberland bernois. En face, ce dimanche, le Belge Raphael Collignon, 42e mondial, qui dispute la première finale ATP de sa carrière après un sauvetage complètement fou en demi-finale. Deux trajectoires opposées, un seul trophée, et pour chacun un enjeu qui dépasse largement le cadre d’un tournoi de 250 points.
- ▸Stefanos Tsitsipas s’est qualifié pour la finale de Gstaad en battant Aleksandr Chevtchenko 6-4, 3-6, 6-3 en demi-finale.
- ▸C’est sa première finale sur le circuit ATP depuis février 2025, soit environ seize mois de disette.
- ▸Le Belge Raphael Collignon a sauvé une balle de match face à Juan Manuel Cerundolo (1-6, 7-6(5), 7-5) pour atteindre la première finale ATP de sa carrière.
- ▸Le vainqueur du tournoi empochera une part des 612 620 € de dotation, avec de gros mouvements au classement à la clé.
Tsitsipas, une remontée par la petite porte #
On avait presque oublié à quoi ressemblait Stefanos Tsitsipas dans le dernier carré d’un tournoi. Ancien numéro 3 mondial, double finaliste de Grand Chelem, le Grec est arrivé en Suisse avec le statut de 85e mondial et sans tête de série — une situation impensable il y a trois ans. Sa semaine à Gstaad ressemble donc moins à une confirmation qu’à une opération de sauvetage.
Le parcours a du sens, parce qu’il s’est construit sur des adversaires classés devant lui. Tsitsipas a éliminé plusieurs joueurs protégés par le tableau, dont le Péruvien Ignacio Buse (5e tête de série) et le Français Arthur Rinderknech (4e tête de série), avant de sortir le Suisse Jerome Kym dans un match perturbé par la pluie et suspendu en cours de route.
En demi-finale, samedi, il s’est imposé face à Aleksandr Chevtchenko sur le score de 6-4, 3-6, 6-3, au terme d’un peu moins de deux heures de jeu hachées par la météo bernoise. Le scénario est assez représentatif de son état de forme actuel : un premier set solide, un passage à vide au deuxième, puis la capacité — retrouvée — à hausser le niveau dans la manche décisive plutôt que de subir.
- ✓Un parcours à Gstaad construit sur l’élimination de plusieurs têtes de série
- ✓Une demi-finale gagnée en trois sets sous la pluie
- ✓Une première finale ATP depuis février 2025
- ✓Un retour dans le top 60 déjà assuré grâce à cette semaine
« Mené 6-1, 5-3 et balle de match contre lui, Raphael Collignon a renversé Juan Manuel Cerundolo pour se qualifier pour la première finale ATP de sa carrière. »— Demi-finale de Gstaad, samedi 18 juillet 2026
Collignon, le sauvetage qui change une carrière #
L’autre demi-finale, elle, restera dans les archives du tournoi. Raphael Collignon, 7e tête de série et 42e mondial, a été mené 6-1 puis 5-3 par l’Argentin Juan Manuel Cerundolo, spécialiste de la terre battue. À ce moment-là, le Belge a dû écarter une balle de match pour rester dans la partie.
Il l’a fait, a arraché le tie-break 7-5, puis a encore été mené 5-2 dans le troisième set avant d’enchaîner les jeux pour s’imposer 1-6, 7-6(5), 7-5 en environ deux heures et demie. Difficile de faire plus improbable comme accès à une première finale sur le circuit principal.
Ce dénouement n’est pas totalement un hasard : Collignon avait déjà été finaliste à Gstaad l’an dernier — sur un tableau où il n’était pas allé au bout — et le site suisse lui réussit visiblement. Sur la route, il a également sorti le Monégasque Valentin Vacherot (3e tête de série) et le Norvégien Casper Ruud (2e tête de série), soit deux des plus gros noms du tableau.
Ce que la finale change au classement #
Un ATP 250 ne rapporte pas les points d’un Masters 1000, mais quand on est 85e mondial ou qu’on court après une première finale, la mécanique du classement devient cruciale. Pour Tsitsipas, la qualification pour la finale garantit déjà un retour autour de la 64e place mondiale ; une victoire dimanche le propulserait aux environs de la 51e place.
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L’enjeu est concret : remonter dans les cinquante premiers, c’est retrouver des têtes de série sur les tournois d’été et éviter les tirages piégeux dès les premiers tours pendant la tournée américaine sur dur, qui enchaîne juste derrière.
Pour Collignon, la mécanique est encore plus favorable. Le Belge est assuré de progresser autour de la 37e place, et un premier titre ATP l’installerait aux alentours de la 35e place mondiale — son meilleur classement en carrière, et un statut qui change la nature de ses tirages sur les grands rendez-vous.
Autre donnée : les deux hommes ne se sont jamais affrontés sur le circuit. Pas d’historique, pas de repères, ce qui rend le pronostic d’autant plus ouvert entre un joueur qui a déjà disputé des finales de Grand Chelem et un autre qui découvre l’exercice.
Une semaine de terre battue avant le grand virage américain #
Gstaad fait partie de ce petit chapelet de tournois sur terre battue européenne qui suit immédiatement Wimbledon, avec Bastad en Suède et Umag en Croatie la même semaine. Une fenêtre courte, souvent délaissée par les tout meilleurs mondiaux, mais précieuse pour deux catégories de joueurs : ceux qui doivent reconstruire un classement, et ceux qui cherchent à franchir un palier.
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Le Swiss Open, disputé à la Roy Emerson Arena, en est l’illustration parfaite. Sur le papier, la tête d’affiche était Alexander Bublik, tête de série numéro 1, devant Casper Ruud, Valentin Vacherot et Arthur Rinderknech. Sur le court, les quatre ont été balayés du tableau, et la finale oppose un ancien top 3 en reconstruction à un joueur qui n’avait jamais dépassé ce stade.
Derrière, le calendrier bascule vers le dur nord-américain et la préparation du dernier Grand Chelem de la saison. Autant dire que les points et la confiance grattés cette semaine en Suisse ne sont pas anecdotiques : pour Tsitsipas, c’est peut-être la meilleure fenêtre de l’année pour relancer une saison compliquée ; pour Collignon, l’occasion d’arriver aux États-Unis avec un statut inédit.


